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  Un élément transversal pour améliorer le quotidien des handicapés

 

La difficulté d’accéder à la voirie et aux espaces publics rend la vie impossible aux personnes aux besoins spécifiques. Un cauchemar qui perdure. Les personnes handicapées dénoncent cet état des lieux qui n’est pas près de changer.

«L’accessibilité est une condition préalable et cruciale pour que les personnes handicapées puissent prendre part à la vie de la société. C’est d’ailleurs l’un des principes généraux de la Convention onusienne des droits des personnes handicapées que l’Algérie a ratifiée le 12 mai 2009», a rappelé la présidente de la Fédération algérienne des personnes handicapées (FAPH), Mme Atika Mameri, lors de son intervention au séminaire «une société accessible aux personnes handicapées», organisé hier à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’El Harrach (Alger).
L’intervenante a dressé un tableau sombre de la situation socio-économioque des personnes en situation de handicap. «Nous sommes prisonniers chez nous. Le manque d’accessibilité pousse les handicapés à se cloîtrer entre quatre murs.» Selon elle, l’accessibilité est transversale à tous les droits. «Nous faisons de la résistance pour arracher nos droits consacrés par des textes de loi qui restent sans application sur le terrain», a soutenu Mme Mameri. Pour sa part, la directrice de l’Epau, Mme Tsouria Baba-Ahmed, a insisté sur «l’intégration de modes d’accessibilité aux personnes handicapés dès la conception des projets». «Des enseignants de l’Ecole sont sensibles à cette problématique et l’introduisent dans le cursus. Mais l’architecte n’est pas seul dans la construction des espaces et établissements publics, plusieurs acteurs y participent», a-t-elle soutenu. Elle a ainsi appelé à une démarche intersectorielle pour améliorer la vie des personnes aux besoins spécifiques.
«Tous les secteurs d’activité qui composent notre société doivent s’impliquer en mettant en place des politiques publiques qui reposent sur le principe que tout citoyen doit avoir accès à l’ensemble des services offerts à la population», a-t-elle relevé. De son côté, Mme Hasna Hadjila, présidente du Syndicat national des architectes (SYNAA), a affirmé que «l’accessibilité permet l’autonomie et la participation des personnes ayant un handicap de réduire, voire supprimer, les discordantes entre les capacités, les besoins et les souhaits». «L’accessibilité requiert la mise en œuvre des éléments complémentaires, nécessaires à toute personne en incapacité permanente ou temporaire pour se déplacer et accéder librement et en sécurité au cadre de vie ainsi qu’à tous les lieux, produits et activités», a-t-elle ajouté.
A l’occasion, la FAPH a présenté le guide d’accessibilité des personnes aux besoins spécifiques aux lieux publics. «Le document a répertorié les lieux inaccessibles ou difficiles d’accès et présente les textes législatifs et réglementaires et les normes en la matière et les principes de base facilitant l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap», a-t-elle souligné.
Karima Dehiles