Le Dr Mohamed Bounaâma, docteur en archives et chercheur en histoire : «Une approche historiographique s’impose»
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Dimanche 07 Mars 2021
Journal Electronique

Les manifestations du 11 décembre 1960 sont intervenues tel un coup d’assommoir pour la France coloniale. Elles ont permis au peuple algérien d’arracher son indépendance après de longues années de résistance. Aujourd’hui, il faudrait immortaliser cette page glorieuse à travers des recherches et des ouvrages dignes des sacrifices populaires ayant transpercé le silence des Nations unies et imposé l’indépendance comme un choix irréversible. Justement, avons-nous assez produit ? Les études élaborées dans ce cadre sont elles suffisantes ?
Mohamed Bounaama docteur en archives et chercheur en histoire estime que «très peu» de recherches ont été menées sur les manifestations du 11 décembre 1960. «Elles sont à la phase de balbutiement», regrette-t-il. Et pour cause, «l’absence de structures de base historiographiques». Le chercheur pense que les instances existantes ne peuvent pas, à elles seules, prendre en charge l’histoire de toute une nation avec tout ce qu’elle implique comme stations mémorables. Les dispositions normatives académiques et réglementaires ne sont pas à la hauteur de cet événement constituant une phase charnière dans l’histoire de la Révolution algérienne, a-t-il ajouté, plaidant pour l’institution d’une école historiographique nationale fondée sur une approche intersectorielle. «Relater l’histoire doit se faire sur des bases objectives et comparatives afin de valoriser les faits historiques. Je prends l’exemple du 11 décembre 1960 dont les données ne sont pas appuyées sur les archives et les documents officiels, notamment ceux qui sont en France. Des ouvrages et des recherches ont été élaborés par le Centre national d'études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er Novembre 1954, mais ils demeurent insuffisants. Ces manifestations se sont déclenchées dans plusieurs wilayas du payas. D’où la difficulté à cerner l’ensemble des faits y afférents», indique l’universitaire.

En attendant les archives…
Bounaâma affirme qu’il n’existe pas de statistiques fiables sur le sujet car, tout simplement, il n’y a pas ouverture des archives. Il faut qu’il y ait cette conjonction entre l’Université et les Archives afin d’aboutir à des résultats irréprochables reflétant la réalité de ces événements phares de notre glorieuse révolution. Il a souligné que quelques études ont été élaborées en France par quelques éminents chercheurs tels que Benjamin Stora, Jeffrey James et Burn. Mais globalement, peu de choses ont été faites en ce sens. Il est important, explique-t-il, de se baser sur des documents originaux afin de préserver justement «l’originalité de l’événement». «Ces documents on les a, bien sûr. Les procès-verbaux de police et tout ce qui peut aider à cerner l’évènement existent au Centre national des archives et dans d’autres pays. Il faut juste savoir piocher et mettre à la disposition des chercheurs toutes les vérités concernant des pages indélébiles de notre mémoire collective», a-t-il fait savoir, insistant, encore une fois, sur l’importance d’ériger une école historiographique nationale devant agir sur des axes précis sur la mémoire nationale. Il fera remarquer, dans ce sillage, l’absence également d’une autorité sur la mémoire nationale dont le rôle serait d’accomplir un travail en profondeur sur l’histoire et l’acte stratégique de la mémoire. Cette approche mémorielle contribuerait à l’instauration d’une politique nationale de la mémoire, a-t-il ajouté. Bounaâma est convaincu que «pour faire l’histoire d’un événement, il faudrait mettre en place une approche consensuelle intersectorielle multidimensionnelle. Ce qui permettra à l’Algérie d’avoir sa propre politique historique, à l’instar de toutes les nations du monde. Le travail historique ne doit pas être individualiste et unilatéral. C’est une œuvre à grandes dimensions. Il doit toucher tous les aspects patrimoniaux. C’est une démarche supranationale car elle touche à notre mémoire qui est éparpillée dans différentes régions de la planète». Selon notre interlocuteur, les manifestations du 11 décembre 1960 constituent une page glorieuse de notre histoire. Elles englobent des sacrifices consentis par le peuple algérien pour un seul objectif : la consécration de l’indépendance et de l’ultime victoire. Elles sont une sorte de réponse et de prise en charge des aspirations du peuple après les appels du GPRA et du FLN pour une Algérie algérienne et non pas française. Il a rappelé, à cet effet, que la répression de jeunes désarmés sortis dans la rue brandissant l’emblème national a été à son comble. Le tout dans le cadre d’une idéologie coloniale ne reconnaissant pas la légitimité et la souveraineté des peuples. Bounaâma tient à préciser que cette opposition de force a confirmé bel et bien que Charles de Gaulle n’a jamais voulu concéder l’indépendance aux Algériens, comme ont tenté de faire croire certains clans d’opposition à la guerre d’Algérie. Les Algériens avaient agit sur deux axes, diplomatique et combat armé. L’oppression n’a jamais affaibli la volonté populaire. Ces manifestations ont été marquées par un nombre incommensurable de victimes. C’est à la fois un génocide et un mémoricide, a-t-il indiqué.
Karima Alloun

  • reboisement  barrage Douira
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Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, le Palais de la culture, Moufdi-Zakaria organisera, le 6 mars à 13h, deux expositions, l’une artisanale et, l’autre, de beaux-arts féminins.


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Le Haut-Commissariat à l’amazighité organise, le 8 mars, dans la wilaya de Tipasa, une table ronde suivie d’une présentation exclusive des actes du Colloque international «La résistance de la femme dans l’Afrique du Nord de l’Antiquité au XIXe siècle».

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