L’ancien moudjahid Ali Dif témoigne : «Un tournant décisif»
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Dimanche 07 Mars 2021
Journal Electronique

Les manifestations du 11 décembre 1960, parties de Mohamed-Belouizdad (ex-Belcourt), avant d’atteindre plusieurs autres quartiers d’Alger, ont été le fait d’Algériens, de tous les âges, ayant défié courageusement, à mains nues, l’armée coloniale pour réclamer haut et fort,  et au prix de leur vie, l’indépendance de l’Algérie, témoigne le moudjahid  Ali Dif, qui a vécu ces évènements majeurs comme la poursuite de la lutte pour l’indépendance. 

Le militant qualifie les manifestations du 11 décembre 1960 d’étape importante de l’histoire de la guerre de Libération nationale, rappelant lanécessitéd’écrire son histoire pour que les sacrifices du peuple soient connus par les générations montantes. Agé 18 ans, lors de ces manifestations, Ali Difse remémore cette journée particulière où il est sorti spontanément pour joindre la foule àBelcourt. Dif rend un hommage posthume aux hommes et femmes qui ont manifesté leur patriotisme en se dressant courageusement contre les desseins du colonialisme. «En sortant en masse, ce jour-là, les manifestants ont affirmé leur profond attachement à la Révolution et ses principes sacrés, dont le recouvrement de la souveraineté nationale», a-t-il déclaré. «Ces manifestations se sont ensuite étendues à l’ensemble des villes pour atteindre, le 11 décembre 1960, tout le pays qui tenait à sa liberté et son indépendance», a-t-il dit. Ces événements étaient «futuristes», révèle-t-il, précisant qu’ils étaient spontanés. Et de relater des faits pour étayer ses dires : «Avant les événements du 11 décembre et après la bataille d’Alger, l’organisation de la ville d’Alger étaitpratiquement inexistante. Le GPRA et la Wilaya IV ont décidé de créer la zone 6, allant d’Alger jusqu’à Cherchell et environs. A cette époque, RouchaiBoualem, appelé Si Zoubir, a été désigné capitaine de cette zone. A l’issue de son déplacement à Alger, Boualem a offert son poste TSF au moudjahid Lakhdar Bouregâa (récemment décédé) qui lui a, à son tour, donné sa montre. A ce moment, Boualem avait prédit à son compagnon qu’il allait entendre de bonnes nouvelles sur la radio.
Comme un 1er Novembre
Pour Ali Dif, les événements du 11 décembre représentent une épopéefantastique. «De nos jours, nous ne voyons plus ce genre d’événements. Ils étaient pacifiques etavaient une portée grandiose», a-t-il déclaré.«Aujourd’hui, avec le recul, nous pouvons dire que les manifestations de décembre 1960 ont constitué un tournant décisif dans la lutte de libération», a-t-il poursuivi. A propos de ces événements, le moudjahid Dif préfère dire la «manifestation» a en réalité débuté la veille, le 10 décembre, que les événements ont débuté.Si Zoubir avait décidé d’organiser et d’encadrer la manifestation. Ils ont donné l’ordre de confectionner les emblèmes. Le lendemain (11 décembre), un déferlement de jeunes a été observé à la rue Drian, pas loin de l’établissement de Mouhoub Ben Ali, fabricant de tabac. A ce moment, les parachutistes ont tiré sur ces jeunes et cette information n’ait pas été diffusée par les médias algériens. C’est douloureux !», lâche-t-il.Bien que la marche était pacifique et les manifestants étaient mains nues, les colons se sont empressés de tirer «à bout portant», rappelant que cette confrontation s’est soldée par plusieurs martyrs et blessés. Les pieds noirs et les ultras ont manifesté, tout en scandant des slogans hostiles à la solution d’une «Algérie algérienne», pour provoquer les Algériens qui se trouvaient à proximité du Monoprix de Belouizdad. «Ces ultras ne manquaient pas de nous insulter», poursuit le témoin, avant de renchérir : «Cette situation a créé des frictions entre les deux communautés.»

SafiaOuatiki ou le crime odieux
«Je me rappelle de Saliha Ouatikicomme cela datait d’hier. J’ai connu son frère qui était avec moi auxScouts musulmans algériens, groupe Emir Khaled, dont beaucoup de membres sont tombés dans le champ d’honneur. RouchaiBoualem portait sur sur ses épaules la petite Saliha. Il pensait que le sang qui giclait de la poitrine de celle-ci était le sien. Il n'avait pas encore réalisé que la fillette avait été touchée. Le jeune homme était affolé et n’avait pas réussi de la sauver, hélas», déplore-t-il, avant de soutenir que les manifestations se sont poursuivies les jours d’après dans l’ensemble des régions du territoire national. «Depuis, les Français ont fini par comprendre, une fois pour toutes, que le peuple algérien était du côté du FLN», assène-t-il avec conviction.

De Belcourt à Manhattan
Pour Dif, cette manifestation est venue à point. Il s’explique : «Il y avait la tenue de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.Il y avait la délégation du FLN, représentée par KrimBelkacem, je retiens sa célèbre citation qui disait : les clameurs de Belcourt ont retenti dans l’enceinte de Manhattan, donnant un nouvel élan à la lutte du FLN contre le colonialisme. «Les manifestations du 11 décembre ont été un second 1er novembre. Les gens étaient tous impliqués dans cette noble cause où ils préféraient mourir pour la patrie que de vivre vils», a-t-il déclaré. «La cause algérienne a, depuis ce 11 décembre 1960, interpellé la communauté internationale et mobilisé toutes les voix, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, en faveur du droit des Algériens à l’autodétermination», a-t-il poursuivi. Des scènes encore vivaces, il s’agit de l’enterrement des martyrs au cimetière de Sidi M’hamed, au lendemain de la manifestation. «Des souvenirs toujours présents et gravés dans ma mémoire, et aussi une pensée profonde et affectueuse pour tous les combattants, notamment les jeunes décédés ce jour-là», a-t-il ajouté. Pour les générations montantes, le moudjahid Ali Dif a voulu transmettre un message particulier : «Je cite deux propos qui me font terriblement mal, à savoir celui de Didouche Mourad qui nous demandait de défendre leur mémoire s’ils venaient à mourir. Je suis offensé et offusqué de voir que nous avons échoué, car nous ne l’avons pas défendue. Et le second de Larbi Ben M’hidi : jetez la révolution dans la rue et elle sera prise en charge par le peuple, devenue une devise qui a porté ses fruits puisque tous les jeunes et autres ont reçu ce message avant de prendre les armes contre l’occupant français. Hélas, les gens ne sont plus motivés comme avant, en raison de leurs conditions socio-économiques.» Pour sauvegarder la mémoire collective, Dif recommande, la gorge nouée par l’émotion, de revenir au serment donné aux chouhada à travers une volonté farouche de restituer le passé pour mieux avancer dans l’avenir.
Samira Sidhoum

  • reboisement  barrage Douira
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Le ministre d’Etat, médiateur de la République, Karim Younès, rencontrera, le 06 mars  à 11h, au siège de la wilaya d’Ouargla, les délégués locaux des wilayas du Sud.


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Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, le Palais de la culture, Moufdi-Zakaria organisera, le 6 mars à 13h, deux expositions, l’une artisanale et, l’autre, de beaux-arts féminins.


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L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh lance des ateliers d’initiation au chant ouverts dans les répertoires traditionnels et universels. Les inscriptions auront lieu jusqu’au 15 mars 2021.


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La ministre de la Solidarité nationale,  de la Famille et de la Condition de la femme,  Mme Kaoutar Krikou, effectuera le 06 mars  une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Khenchela.

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Le Haut-Commissariat à l’amazighité organise, le 8 mars, dans la wilaya de Tipasa, une table ronde suivie d’une présentation exclusive des actes du Colloque international «La résistance de la femme dans l’Afrique du Nord de l’Antiquité au XIXe siècle».

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La Direction générale des forêts organise, les 7 et 8 mars, au Centre international des conférences, Alger, un atelier d’élaboration du plan d’action pour la promotion des produits forestiers non ligneux en Algérie.


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La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

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