60 ans après : LE VERDICT DU PEUPLE 
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Dimanche 07 Mars 2021
Journal Electronique

Décembre 1960. Il y a un plus de trois ans qu’Alger a retrouvé un calme apparent. Les manifestations du 11 décembre 1960 furent alors, pour reprendre une expression convenue, un coup de tonnerre dans un ciel serein. A la fois spontanées et surprenantes. Mais le contexte où elles se déroulèrent ne fut pas anodin. De Gaulle au pouvoir, depuis un peu plus de deux ans maniait la carotte et le bâton. Il avait lancé des opérations militaires rouleau compresseur contre les maquis, tout en multipliant les appels à trouver une issue politique au conflit. En novembre 1960, il parla, pour la première fois de «République algérienne».

Mais comme tous les responsables français, il n’avait pas uniquement en face de lui l’ALN. Il devait tenir compte de la population européenne arcboutée sur ses privilèges et une armée qui fut à l’origine du retour de De Gaulle au pouvoir. Mais en son sein, comme le montreront des événements ultérieurs, notamment le putsch des généraux en avril 1961 et la constitution de l’OAS, les opposants à l’émergence d’une nouvelle Algérie étaient actifs et déterminés. C’est pour tâter en quelque sorte le terrain que De Gaulle décida d’entreprendre du 9 au 12 décembre un voyage en Algérie. Les pieds noirs, dès sa première halte à Aïn Témouchent, montrent leur courroux devant celui qu’ils assimilent à un bradeur. Ces partisans de l’Algérie française vont tenter de rééditer le «coup» à Alger, mais, dès le samedi 10 décembre, déclaré jour de grève, les choses dérapent surtout à Belcourt. A l’heure où la nuit commence à tomber, des milliers d’Algériens venus surtout des quartiers qui surplombent Belcourt, comme Salembier, Diar El Mahçoul, Diar Esaâda, qui ne se sentaient pas concernés par la grève des ultras, vont s’accrocher avec eux puis déferler dans la rue. Comme s’ils n’avaient plus à rien à perdre et plus peur de rien et de personne, les Algériens avançaient drapeaux au vent.
Les femmes et les enfants ne sont pas en reste, et à gorges déployées, ils criaient le nom de Ferhat Abbas, alors président du GPRA, et «Algérie musulmane» qu’ils opposaient à l’Algérie française, ultime illusion entretenue par ceux qui vont, pour reprendre le titre d’un ouvrage d'un célèbre historien, brûler dans «Les feux du désespoir». Le 11 décembre, ce fut un affrontement entre les autochtones et la communauté européenne qui croyait qu’elle pouvait imposer l’Algérie française. Dans son journal, l’écrivain Mouloud Feraoun, qui vivait alors à Salembier, écrivit : «Ces mêmes Arabes ont fichu un sacré coup à deux années laborieuses de pacification.» «Il n’y a plus moyen de farder la vérité», assenait le romancier.

En fait, les manifestations qui ont démarré le 10 décembre vont gagner d’autres quartiers d’Alger, comme La Casbah, Bab El Oued ou la répression conduite par les Paras, les CRS et des civils va faire plus de 200 victimes, dont certaines furent lynchées. Après Oran, Annaba va recenser le 13 décembre sept morts. Le bilan officiel parle, quant à lui, de 112 morts et de 297 véhicules incendiés. Longtemps, on s’est interrogé sur le rôle du FLN dans le déclenchement de ces événements. Un grand dirigeant du GPRA, comme Bentobal, écrivit dans ses mémoires, restés inédits, que «les manifestations avaient été tout à fait imprévues pour le GPRA et les Wilayas de l’interieur». D’autres versions mettent en avant le rôle de Boualem Rouchai, dit Si Zoubir, dépêché par la Wilaya IV et qui la veille donna des directives aux militants qui allaient encadrer les cortèges. D’autres historiens évoquent une manœuvre française visant à contrer l’extrémisme des Européens qu’il fallait en quelque sorte stopper et à conduire les Ageriens à se rallier à De Gaulle.

Il semble que le FLN n’ait pas joué un rôle important et fut même dépassé par la force du mouvement mais il saisit vite l’occasion pour rebondir et s’organiser de nouveau. La conséquence des manifestations, auxquelles «El Moudjahid» consacre un numéro spécial, a été un véritable cataclysme. Les conséquences des manifestations sont plus évidentes. Après le 11 décembre, le FLN s’est imposé comme le représentant, librement choisi par le peuple. Il a été en quelque sorte plébiscité. Dans «Et l’Algérie se libéra» ( EDIF 2000), l’historien Mahfoud Kaddache estime que «c’est l’adhésion et la fidélité à la cause que défendit le FLN qui fut réaffirmée». La session de l’Assemblée générale de l’ONU, qui le 19 décembre va reconnaître le droit de l’Algérie à l’indépendance, et l’écho médiatique et politique du 11 décembre à travers le monde furent considérables. La position du GPRA s’est considérablement renforcée alors que dans quelques mois allaient s’amorcer des contacts qui aboutiront aux accords d’Evian. Un officier français ira jusqu’à parler dans «le Monde» de «Diên Biên Phu psychologique». Ferhat Abbas qualifie les événements de «terrible leçon aux attardés de la pacification».
Pour ces derniers, le voile des illusions s’était définitivement déchiré.

nR. Hammoudi

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Le ministre d’Etat, médiateur de la République, Karim Younès, rencontrera, le 06 mars  à 11h, au siège de la wilaya d’Ouargla, les délégués locaux des wilayas du Sud.


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L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh lance des ateliers d’initiation au chant ouverts dans les répertoires traditionnels et universels. Les inscriptions auront lieu jusqu’au 15 mars 2021.


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La Direction générale des forêts organise, les 7 et 8 mars, au Centre international des conférences, Alger, un atelier d’élaboration du plan d’action pour la promotion des produits forestiers non ligneux en Algérie.


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