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Plusieurs spécialistes venus de différentes régions du pays ont pris part, lundi dernier, au Théâtre national algérien (TNA) à une conférence autour de Yennayer. Chacun a évoqué la symbolique et l’histoire de ce nouvel an dans sa région et les rites et traditions qui caractérisent sa célébration. Pour Louiza Galez, chercheur au Centre national de recherches préhistoriques anthropologique et historiques (CNRPAH) «Yennayer, moment symbolique très important dans la culture amazigh est célébré, dans de nombreuses régions, depuis la nuit des temps». «Yennayer intervient en plein hiver quand les réserves stockées dans les ikoufan (silos) commencent à s’épuiser alors que les récoltes du printemps et de l’été sont encore loin. Les gens célèbrent ce jour pour attirer les énergies positives, à même d’éloigner la famine », a-t-elle expliqué. «Yennayer désormais devient un outil dans la promotion de l’économie nationale, le rétablissement d’un équilibre entre la société, l’homme et la nature et la lutte contre l’acculturation», a-t-elle poursuivi. Pour elle, «Yennayer doit s’adapter et favoriser un mode de vie sain et équilibré et équitable en vertu des principes de partage». Parlant de la participation de la femme, Galez s’est attardée sur les gestes ludiques et sa mission de transmission. «Yennayer est un appel à l’égalité sociale, à la sécurité alimentaire et à la bonne gouvernance», a-t-elle conclu.
Signes de prospérité chez les Touareg
Les Touareg célèbrent «Yennayer» appelé «Tafaski» en tamachek, par des chants et des danses exécutés sur des rythmes «Tindi». C’est ce qu’a rappelé le professeur Youcef Ougassem, chercheur en histoire. Selon lui, «Yennayer» à Djanet, se réfère à la période agricole qui s’étend du 8 au 14 janvier. Il s’annonce aussi quand les chameaux se mettent à terre face au soleil pour protéger leurs ventres pleins d’eau et le maintenir au frais». «Les branches de palmiers se dressent pour annoncer que les dattes vont sortir en mars, la meilleure période», dit-il. A Idjabaran les habitants font une sorte d’inventaire annuel. Il fera état d’un tableau où les danses et la joie annoncent ainsi, une année prospère. «Pour l’occasion, nous préparons un coq mijoté sur le feu accompagné de Rfiss, Tamina, et de légumes secs. Le tout sera servi sous la tente traditionnelle (khaima), où se déroule aussi le jeu de Takouma», a-t-il conclu. Les habitant du M’zab préparent du «rfiss», un plat à base de semoule, de sucre, de lait et d’œufs, ou encore une variante de couscous. Dans les étroites ruelles des ksour, tout le monde s’y met dans un esprit d’entraide, dira Ahmed Hedj Brahim, chercheur dans l’histoire de Ghardaïa.

Yennayer en poésie
Dans le grand hall du TNA, Faiza Tabou de l’Association féminine «Hawa» faisait la promotion de plats et de traditions de Kabylie. Divers mets étaient dressés sur sa table joliment garnie. Le couscous, le Berkoukess, voisinaient avec le Beghrir, Sfendj et un petit tas de fèves séchées. Des ustensiles en terre et en argile et des paniers en osier sont exposés. Pour sa première participation, elle a présenté un poème qui glorifie l’unité nationale et les valeurs d’entraide. La poétesse prépare un recueil de poésie de 60 pages qui sera édité par les éditions Yanis de Tizi Ouzou. «Il sera publié incessamment», précise-t-elle. Un recueil sous forme de CD, sera offert au lecteur pour promouvoir la langue amazigh.
 Rym Harhoura