Imprimer

Un arrêté interministériel fixant la limite des défauts des cafés torréfiés et verts ainsi que le barème de leur calcul et la granulation de cette denrée alimentaire a été rendu public, lundi dernier. Le président de l’Organisation algérienne pour la protection et l’orientation du consommateur et son environnement (Apoce), Mustapha Zebdi, explique qu’il s’agit «des caractéristiques des grains de café destinées aux opérateurs économiques où il est précisé le diamètre du grain, les caractères organoleptiques et morphologiques, le taux toléré des déchets», note-t-il, précisant que «ce qui est décrit est technique et c’est aux services de contrôle qu’incombe la vérification». Mais l’intérêt de l’Apoce porte essentiellement sur le taux de sucre qui y est associé. «Dans l’ancien décret, le taux de sucré toléré était de 3%». «Nous avions demandé à ce que le taux de sucre soit de 0%, autrement dit, que le sucre soit totalement enlevé», soutient-il, expliquant que «si le taux de sucre est resté le même, pour nous, rien n’a été fait et les choses resteront dans le flou». Expliquant que «notre revendication principale est que le sucre ne se retrouve nullement dans la torréfaction et que le café soit pur», Zebdi précisera que «celui qui veut rajouter du sucre qu’il le rajoute dans sa tasse». «Cela fait des années que vous exprimons cette revendication, car nous avons fait des tests de café où nous avons mis en évidence une fraude où certains rajoutaient jusqu’à 15% de sucre, ce qui n’est pas acceptable» note-t-il avant. Et de préciser que «dans ce communiqué, il n’est nullement fait état de sucre, on ne sait pas donc si notre proposition concernant la suppression de sucre a été accepté ou non». Pour rappel, Zebdi n’avait de cesse de critiquer la composante des cafés en indiquant que 84% des marques nationales de café «sont non conformes aux normes requises par la législation». En effet, l’Apoce avait soumis en 2018, à trois laboratoires algériens différents, les analyses du taux de sucre additionnel dans le café et son étiquetage réglementaire concernant 12 marques de café produit localement. Laquelle avait mis en évidence l’absence de «conformité concernant, soit le taux de sucre qui est élevé, soit le non-respect de la mention des matières ajoutées et leurs taux sur l’emballage comme exigé par le décret exécutif de février 2017 fixant les caractéristiques du café ainsi que les condition et les modalités de sa mise à la consommation». L’article 19 du texte de loi, énonce que les producteurs qui incorporent du sucre, du caramel ou de l’amidon lors de la torréfaction doivent indiquer de manière lisible et visible la dénomination «café torréfié au sucre» ou «café moulu torréfié au sucre». Le décret fait tout autant état que le taux de matière additionnelle ne doit pas excéder 3% du produit final. Mais ce taux ne satisfait aucunement Zebdi et son organisation qui a revendiqué sa suppression pure et simple pour qu’il soit porté au taux 0.
 Hakem Fatma Zohra