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Le président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (Acam) a fait observer que dans les meilleurs des cas, l’importation des véhicules débutera au mois de juillet. Il s’est montré très septique quant à cette question. «Eu égard aux contraintes et aux dispositifs mis dans le cadre du nouveau cahier des charges et aux lenteurs des procédures, il va falloir même s’attendre à ce qu’il n’y ait pas d’importation en 2021», a-t-il dit. Selon lui, les concessionnaires ne sont pas arrivés au bout de leur peine. Nebbeche a ainsi critiqué la procédure selon laquelle le concessionnaire aura, en premier lieu, juste un pré-agrément qui fera office, précise-t-il, d’un document pour l’obtention uniquement d’un registre de commerce. Selon lui, l’octroi des pré-agréments est prévu à partir du 18 janvier. «Il faut donc attendre au minimum un mois pour que la commission du ministère passe pour le constat de la propriété des locaux. Suite à quoi, les agréments définitifs seront délivrés. Il faut compter au minimum jusqu’à juillet», a-t-il clamé. A savoir aussi qu’au niveau des fournisseurs, la commande devra se faire au moins quatre mois à l’avance, si ce n’est plus. «Pratiquement, les concessionnaires ont négocié avec des constructeurs à l’étranger, mais aucun ne peut s’engager et faire des commandes tant que les agréments ne sont pas délivrés. C’est une question de crédibilité», a-t-il indiqué. Il a fait observer que tout ce temps perdu se répercutera sur le prix du véhicule. Avec la dévaluation du dinar, une hausse minimale de 15% est inéluctable. Concernant le plafond fixé à 2 milliards de dollars comme volume maximum des importations, Nebbeche n’y va pas avec le dos de la cuillère en chargeant le ministre de l’Industrie, soulignant qu’il «outrepasse ses prérogatives». C’est une question purement commerciale, a-t-il argumenté, ajoutant qu’il s’agit de répondre à l’équation de l’offre et la demande. Avec la situation de crise, faut-il interdire l’importation des véhicules de luxe ? Selon Nebbeche, «tout est encore flou». Les concessionnaires ont les mains ligotées, a-t-il ajouté. Il ne cessera de dire que le nouveau cahier des charges est plus contraignant et compliqué sur le plan juridique et réglementaire comparativement au précédent. Le grand problème réside, tient-il à le souligner, dans l’article 12 qui stipule l’obligation du concessionnaire à fournir les documents attestant de la propriété des infrastructures alors que dans l’ancien décret n°15 -58 du 8 février 2015, cette exigence n’existait pas. Dans un document adressé au ministre de l’Industrie portant sur «l’impact économique et financier des nouvelles exigences du décret 20-227 du 19 août 2020, sur l’activité des concessionnaires de véhicules neufs», des concessionnaires ont soulevé cette contrainte qui est «contraire à toute optimisation des investissements». Elle représente également «un surcoût pour l’investisseur et le client». Cette mesure n’est également pas en harmonie avec la procédure entreprise dans la mesure où aucune garantie n’est assurée pour l’obtention de l’agrément définitif.

Le régime des quotas décrié
Les concessionnaires, signataires de ce document, dont nous détenons une copie, font observer également que «le système du quota met en péril la pérennité de la société du concessionnaire et celle des agents agréés». A ce sujet, le président de l’Acam s’interroge sur les critères selon lesquels les quotas seront attribués. Là encore, il soutient que cette question relève des prérogatives du ministère du Commerce et non pas de l’Industrie. Joignant sa parole aux autres concessionnaires, Nebbeche prône la suppression de l’article 3 stipulant le régime d’importation sous quota par marque. Ce régime «ne peut être économiquement compatible avec la durée des contrats de concession et de baux de location de cinq ans, ainsi qu’avec les dimensions importantes exigées pour les infrastructures des concessionnaires qui doivent en être propriétaires et de ses agents agréés», relève-t-on du document. Nebbache déplore également l’exclusion des Algériens non résidents de l’opération de l’importation. «C’est contraire à la Constitution qui consacre l’égalité des citoyens devant la loi», souligne-t-on.
 Wassila Ould Hamouda