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Des entrepreneurs privés ont pris l’initiative de créer un réseau national des PME et des start-up. Celui-ci sera opérationnel dans les prochains jours. «Notre rôle, via ce réseau sera d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le décalage entre mesures prises et leur application», affirme le vice-président du réseau, Kheireddine Boulefa.

Conscients des importants enjeux importants de la relance économique, dont la création, attendue entre 2021 et 2022, de plus d’un million d’entreprises, des entrepreneurs privés ont pris l’initiative de créer un réseau national des PME et des start-up. Celui-ci sera opérationnel dans les prochains jours. «Nous avons constaté, qu’en dépit de leurs contacts et réseaux, nos entreprises n’étaient pas connectées entre elles et chacune travaille de son côté. Cela rend difficile l’identification de nos failles et la communication des solutions proposées par les pouvoirs», affirme le vice-président du réseau, Kheireddine Boulefa.
«Des procédures administratives, pour alléger les lenteurs bureaucratiques existent, mais comme beaucoup d’entreprises ou de porteurs de projets ne les connaissent pas par manque de communication, ils pâtissent des contraintes des anciens dispositifs», ajoute-t-il. Selon lui, «le but du réseau est de connecter les PME et les start-up afin qu’elles puissent communiquer entre elles, faciliter la circulation des informations et nouveautés en matière de procédures administratives et améliorer notre écosystème qui est l’affaire de tous». A ce propos, notre interlocuteur estime que les nouvelles mesures incitatives en faveur de la création des entreprises ne sont pas réellement appliquées. «Notre rôle, via ce réseau sera d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le décalage entre mesures prises et leur application», ajoute-t-il en citant l’abandon de la mesure relative au foncier industriel que les pouvoirs publics ont décidé de dédier aux incubateurs privés à des prix abordables.
«Les charges en matière de loyers sont trop élevés pour les incubateurs dont les investissements engagés sont à long terme», regrette-t-il. Les porteurs de projet ne payent pas l’expertise offerte par les incubateurs qui touchent un pourcentage sur les bénéfices une fois les start-up lancées réalisent des profits. «Pour les soutenir, les pouvoirs publics ont mis à leur disposition du foncier, mais les collectivités locales n’appliquent pas cette mesure», déplore Boulefa. Le réseau accueillera aussi étudiants et porteurs de projets à qui il fournira des conseils et des exemples à suivre, présentera des leaders inaccessibles en dehors de mouvement associatif. «Nous sommes 35 membres, représentant 16 wilayas. Mais le réseau va se déployer au niveau national pour se constituer en une force de propositions et accompagner le gouvernement dans le relance économique», soutient-il. Concernant le programme de création de 1 à 1,5 million d’entreprises d’ici à 2022, il a fait savoir que le réseau consacre un grand espace à l’incubation pour inciter les étudiants, surtout, à concrétiser leurs idées innovantes. «Mais cela ne sera pas suffisant. Il faut généraliser la mise en place des incubateurs dans toutes les wilayas. Or, dans certaines, ces derniers n’existent pas», explique-t-il.
Le plus urgent toutefois reste à l’en croire «l’amélioration de notre écosystème qui permet le développement des activités économiques et commerciales, renforce la création d’emploi et des richesses et multiplie les opportunités entrepreneuriales». A l’en croire, il faut la création au minimum d’une trentaine de start-up par wilaya pour atteindre l’objectif fixé en matière de création d’entreprises. Cela nécessite, estime Boulefa, «l’ouverture de 4 à 5 incubateurs par wilaya». «Si, en plus, les réformes du système bancaire, fiscal et la numérisation s’accélèrent, on dépassera l’objectif du million d’entreprises», assure-t-il.
 Farida Belkhiri