Handball -Abdeslam Benmaghsoula, ancien international : «Notre petite balle a touché le fond»
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Samedi 27 Février 2021
Journal Electronique

Entretien réalisé par Adel K.
La décennie d’or du handball algérien avec ses cinq titres consécutifs de champion d’Afrique des nations durant les années 80 n’aurait jamais été possible n’était la précieuse contribution de légendes comme Abdeslam Benmaghsoula. De 81, 83, 85,87 et 89, il a été un des joueurs puissants de la sélection de par son niveau, mais aussi son comportement de joueur professionnel. Après avoir pris sa retraite comme joueur, il s’est investi dans la formation depuis les années 90, avant de devenir président du HBC El Biar. Un poste qui lui a permis de faire du HBCE un club formateur par excellence. Irrité de ce qui se passe dans le monde du handball algérien, Benmaghsoula a décidé de se retirer de la scène pour retrouver une certaine quiétude. Dans cet entretien, une des marques déposées de notre handball revient sur plusieurs points concernant son sport préféré, qui, pour lui, a touché le fond dans tous les domaines.



L’année 2021 a été marquante pour l’équipe nationale senior hommes, suite à son retour sur la scène mondiale en Egypte. Mais, les Verts, très mal préparés, se sont contentés d’une peu reluisante 22e place. Que pensez-vous de ce classement pourtant qualifié d’exploit par la fédération?
C’est un classement qui n’a aucune valeur, vu qu’il s’agissait du premier championnat du monde élargi à 32 équipes. Nous nous estimons heureux de figurer dans un groupe aux côtés du Maroc. Si nous étions à la place de la Tunisie, nous n’aurions jamais espéré passer le cap du tour préliminaire, pas le premier tour comme on a voulu le faire croire à l’opinion publique. Côté prestation, je m’attendais à ce que l’équipe ne soit pas au top, vu que c’est inadmissible de préparer un mondial en ne jouant que quatre matches. Cette participation doit servir de leçon aux responsables de notre sport en général, le handball en particulier. Seul le travail à moyen et à long terme paye. Nous avons pourtant les exemples de réussite de nos voisins, qui ont compris quand le handball algérien vivait son apogée que l’application d’un programme est la seule clé du haut niveau.

De retour du Caire, le sept national va marquer, d’ici le 2 mars, un arrêt d’un mois, avant de reprendre les entraînements en prévision du tournoi préolympique prévu dès le 14 avril prochain à Berlin. Un commentaire ?
C’est une autre preuve que la fédération n’a pas de stratégie. Nous sommes tous au courant depuis des mois que le tournoi préolympique allait avoir lieu au mois d’avril. Je ne comprends pas comment une fédération dotée pourtant d’une direction technique nationale n’ait pas pris ses précautions pour que les joueurs, notamment locaux, n’observent pas une coupure aussi longue d’un mois. D’ailleurs, nous devons être directs en disant qu’actuellement seuls cinq à six joueurs du sept national sont prêts à jouer face à des équipes comme l’Allemagne, la Suède et la Slovénie.

Vous étiez DTN en 2013 au temps de Mohamed Aziz Derouaz. Un programme a été établi et avait permis de mettre en place des équipes nationales prometteuses de jeunes catégories, dont celle des U17 où étaient sélectionnés les Hadj Sadok, Naim et autres. Que gardez-vous en mémoire de cette expérience ?
Dès l’élection de Derouaz, il a fait appel à moi pour prendre les commandes de la direction technique nationale. J’ai mis en place un programme qui s’étalait sur deux cycles olympiques. J’ai vu que seule la reconstitution des équipes nationales de jeunes catégories et leur suivi est le remède du mal de notre handball. Après une campagne de détection dans le territoire national, nous avons pu repérer 150 joueurs de différentes tranches d’âge, dont 40 de la catégorie U17. Malheureusement, le départ de Derouaz a stoppé brusquement notre projet, qui allait permettre de préparer actuellement une équipe nationale senior d’un excellent niveau, sans oublier des sélections U21, U19 et U17 riches en réservoir pour tous les postes.

Côté encadrement, vous aviez aussi réactivé
le recyclage des entraîneurs...
Tout à fait. Nous avions recensé le nombre de drivers existant dans les quatre coins du pays. Après, nous avons mis en place un processus de formation des formateurs. Car, c’est impossible de faire redémarrer la machine sans un personnel qualifié. Mais, toute notre démarche a été remise dans les tiroirs, alors qu’il s’agissait tout simplement de l’intérêt clair et net du handball algérien, pas des personnes.

Outre le handball masculin, le sport à sept féminin ne cesse de s’enfoncer, alors qu’il reste quelques mois du coup d’envoi du championnat d’Afrique des nations. Quel est votre avis sur ce que vit la petite balle féminine ?
Malheureusement, nous sommes très loin du niveau africain. Il faut revenir à la base et travailler directement avec la tranche de 10 à 14 ans. La fédération doit impérativement aider les pôles de développement. Que ce soit à Saida, à Bejaïa ou à Oran, le seul obstacle est d’ordre financier, car les moyens humains existent. Concernant la participation au prochain championnat d’Afrique senior dames, il ne faudra pas s’attendre à un exploit. De ma part, j’aurais aimé qu’on pense d’emblée à engager une équipe nationale de jeunes joueuses pour préparer l’avenir.

Après avoir donné des années de votre vie au handball, vous avez décidé de vous retirer.
Peut-on connaître les raisons ?
Le retrait fut une décision mûrement réfléchie. Après des années comme joueur, entraineur, DTN, puis président de club, j’étais fatigué d’avoir longtemps combattu et travailler pour développer ce sport qui m’a tant donné. Mais, le départ injuste de Derouaz ainsi que l’élection d’un président de fédération illégitime en 2017 m’ont obligé à presser le pas pour partir.

Peut-on s’inspirer du passé glorieux de notre handball pour le faire repartir du bon pied ?
J’ai toujours eu cette réflexion, car nous avons été une référence en Afrique et même dans le monde avec la défense avancée de Derouaz. Nous avons été les pionniers notamment avec la réforme de 1977. Avec au moins cinq mois de stages par an, l’athlète de l’équipe nationale s’entraînait jusqu’à 5 jours par semaine. En matière d’aide, le ministère de la Jeunesse et des Sports de l’époque considérait au vrai sens du terme le handball. Actuellement, le football continue de se tailler la part du lion. Si les idées ne manquent pas, il est temps que la tutelle pense à revaloriser le pourcentage de la subvention attribuée au handball. Ce sport collectif est le plus titré sur le plan africain. Le minimum est de le reconsidérer pour pouvoir vite le remettre sur la voie du développement. Toutefois, l’argent ne doit être débloqué qu’aux gestionnaires compétents. Les incompétents doivent penser dorénavant à céder leurs places à des personnes intègres qui pensent plus performance sportive qu’intérêt personnel.

Plusieurs anciens handballeurs ont milité pour le changement de la composante de l’assemblée générale. Que pensez-vous de cette doléance ?
En tant qu’ex-international, j’adhère à cette initiative. Je trouve anormal que des géants qui ont offert à l’Algérie titres et notoriété n’ont pas leurs places dans l’assemblée générale. Si nous voulons que notre handball puisse retrouver la compétence, il faut une réflexion sur la stratégie de préparation, mais aussi les membres de l’AG pour que les techniciens aient le droit de donner leur point de vue. Je suis parfois dépité de voir des présidents de ligue siéger alors que les vrais piliers de la discipline sont malheureusement écartés. Si le changement des statuts en faveur de l’intégration des techniciens au niveau de l’AG ne va pas avoir lieu, toutes les fédérations vont stagner, dont celle du handball.

La course vers la présidence de la FAHB a déjà commencé avec l’annonce jusqu’à présent de trois candidatures, à savoir celle du président sortant Habib Labane, de l’ex-secrétaire général de la fédération et président de la ligue de Bejaïa Tahar Alioui et du président de la JSE Skikda Yacine Aliout. Quel est le candidat que vous allez soutenir ?
J’ai une très bonne relation avec Tahar Alioui. Cependant, l’homme qui à mon avis est porteur d’un projet ambitieux est Yacine Aliout. Je viens de feuilleter son programme qui porte beaucoup de points essentiels pour la massification et le développement du handball. Avec son expérience réussie à Skikda, Aliout peut beaucoup apporter à la fédération en matière de financement hors subvention du MJS. Sur le plan technique, c’est la première fois depuis le temps de Derouaz que je vois un candidat s’intéresser au travail à moyen et à long terme avec la prise en charge des jeunes prodiges de 10 à 14 ans. J’ai aussi apprécié le fait qu’il puisse accorder une grande importance au directeur technique national qui est, selon lui, plus important qu’un président de fédération.

Le président sortant mise sur l’organisation
du championnat d’Afrique 2024 à Alger avec comme objectif de jouer le titre et se qualifier aux jeux Olympiques de Paris...
Trois ans nous séparent de cette compétition. Il faut commencer dès maintenant à préparer une équipe nationale rajeunie et compétitive. L’Egypte et la Tunisie ont déjà entamé le travail pour venir jouer également le sacre, en passant par l’édition de 2022. Le temps passe vite et les mots sans concrétisation n’ont aucun sens.

Est-ce possible de revoir un jour l’équipe nationale se reclasser sur les plans africain et mondial ?
Si nous allons réfléchir et passer à la vitesse supérieure en matière de refonte du handball algérien, je suis sûr que nous aurons réussi à replacer d’ici huit ans l’équipe nationale senior hommes dans le top 16 mondial. Les Egyptiens n’ont pas eu la baguette magique pour le faire, mais juste l’application d’un programme clair pour que toutes les équipes nationales de toutes les catégories soient en renouvellement permanent. Une méthode qui a vite donné ses fruits. Je lance aussi un appel à toute la famille du handball de se ressouder, notamment les anciens joueurs, pour redonner à notre sport une nouvelle dynamique.
 A. K.

  • reboisement  barrage Douira
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    • 61 projets en cours de réalisation à Tizi Ouzou

      Pas moins de 61 projets d’investissement touristiques privés sont en cours de réalisation dans la wilaya de Tizi Ouzou a indiqué le directeur local du tourisme, Rachid Gheddouchi. Ce dernier nous a indiqué que 440 projets d’investissement dans le domaine du tourisme ont été déposés au niveau de ses services. Ainsi ces différentes structures «mettront à la disposition du secteur quelque 7 200 lits et généreront quelque 3 564 emplois» a-t-il indiqué. Sur les 61 projets on compte des hôtels, des auberges, des centres et villages de vacances, des terrains de camping ainsi que des résidences touristiques.

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L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) organise le 3 mars à 9h30 au siège de l’Union, une conférence de presse qui sera animée par la présidente de la Fédération des crèches et maternelles, Mme Nouara Ben Kharouf,  sur l’impact de la Covid-19 sur ces établissements.


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La Palais de la culture d’Alger organisera, le 27 février à 14h, la cérémonie de récompense des lauréats des concours de calligraphie arabe et de mosaïque.


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Dans le cadre de la célébration des manifestations du 27 février 1962 survenues à Ouargla, le Musée national du moudjahid organisera, le  25 février , à 14h, une conférence intitulée «Le Sahara algérien dans la stratégie coloniale française».

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La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

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