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ENTRETIEN SUR L’ELEVAGE CAMELIN (DOSSIER)

ENTRETIEN
14/05 13h33

OUARGLA-Adamou Abdelkader, docteur en biologie animale est maître de conférences à l’université de Ouargla. Il assure également le suivi des magisters en tant que chargé de la post-graduation au département des sciences agronomiques. Il a publié de nombreux articles sur l’élevage camelin.

Suite au salon national du dromadaire qui s’est tenu à Ouargla les 28 et 29 mars 2012, après 23 années d’éclipse, et qui a vu la participation de 16 wilayas sahariennes et steppiques, le Dr Adamou qui présidait les débats des journées scientifiques du Salon a répondu aux questions de l’APS.

« La sauvegarde de la diversité génétique a également un intérêt économique »

1)A l’issue de la journée scientifique organisée lors du 2ème Salon national du dromadaire M.Rachid Benaïssa, ministre de l’Agriculture et du Développement rural a annoncé la création d’une antenne de l’Office national de l’élevage équin et camelin (ONDEC, basé à Tiaret).

A quel souci correspond ce démembrement et quel impact est attendu de cette mesure ?

Depuis la création de l’ONDEC à Tiaret, l’élevage camelin a été relégué au second plan pour ne pas dire complètement marginalisé et c’est tout à fait logique à partir du moment où l’élevage camelin est considéré comme un élevage annexe dans une zone steppique. L’implantation d’une antenne de l’ONDEC dans une zone d’activité cameline comme Ouargla permettra une meilleure prise en charge de l’élevage camelin, l’antenne étant plus près et des chameliers et des camélologues.

2) Dans une de vos publications vous souligniez que l’effectif camelin, estimé à 260000 têtes en 189O, a fortement régressé.

Quelles sont les causes de cette régression spectaculaire ?

- Il y a plusieurs causes à cette régression principalement liées à l’alimentation. La persistance de la sècheresse a dégradé fortement le couvert végétal, si bien que quelques espèces ont complètement disparu de certains parcours, d’autant plus qu’aucun programme de gestion pastorale n’a été mis en place.
- le problème des animaux victimes des accidents de la route
- la sédentarisation
- le problème de la relève : les jeunes se désintéressent de l’activité cameline qu’ils trouvent très contraignante
- le problème de bourbiers et de déchets toxiques laissés par les compagnies pétrolières
- la reproduction : l’élevage camelin étant un « élevage à rotation lente et la chamelle donnerait huit (08) chamelons au plus durant sa carrière économique
- le désengagement de l’Etat : le dromadaire n’a pas connu le soutien réservé aux autres espèces (bovine, ovine…)

3) Lors de la journée scientifique M. Harek Derradji, chercheur de l’INRAA a présenté une contribution liée à la caractérisation des populations camelines dans les régions du Hoggar.

Il a insisté sur les dangers d’érosion génétique en cas de non-sauvegarde de la diversité actuelle des populations camelines. Dans le même temps, la journée scientifique recommande le développement de la production laitière et de viande de boucherie. N’y-a-t-il pas là une contradiction ?

Pas du tout, bien au contraire la sauvegarde de la diversité va permettre de caractériser les populations camelines actuelles et pouvoir orienter le dromadaire vers le statut d’animal laitier ou d’animal de boucherie, selon les potentialités des différentes « races », car si le devenir du produit viande est certain, celui du lait l’est aussi, si encouragement.

4) Les principaux objectifs du Salon du dromadaire étaient de faire le point sur la situation de l’élevage camelin en Algérie, d’identifier ses contraintes, l’organisation de la filière, l’amélioration des conditions d’élevage dans les parcours saharien, et l’hygiène et la prophylaxie du camélidé.

Est-ce que ce 2ème salon a atteint les objectifs qu’il s’est assigné ? En partie. Car si le côté folklorique a été plus que significatif (concours du meilleur géniteur, la meilleure chamelle laitière, marathon, course), en plus du discours rassurant du ministre de l’Agriculture lors de sa rencontre avec les chameliers, le côté scientifique a été un peu occulté. La plupart des communications ont été des synthèses bibliographiques, les débats ont souffert de l’absence remarquable des responsables de structures technico-administratives, en particulier les Directeurs des Services Agricoles des Wilayas concernées par l’élevage camelin.

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