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LE TAPIS TRADITIONNEL : LE GENIE DU SAVOIR-FAIRE FEMININ

17/03 17h50

GHARDAIA- îuvre picturale et une anthologie du savoir-faire féminin algérien, le tapis de laine pure, confectionné avec doigté et finesse, demeure un trésor patrimonial et le témoignage d’un art manuel ancestral qui véhicule un héritage identitaire transmis de génération en génération.

Fidèlement préservée, la fabrication du tapis artisanal, métier de femmes par excellence, revêt une dimension économique mais également culturelle qui colporte l’imaginaire social et la tradition orale du milieu sociologique dont sont issus les tisseuses et tisserands.

"Tout comme un style architectural peut définir une région, le tapis est également signe identitaire du savoir-faire, du savoir-être d’une population, d’une aire géographique précise", a souligné B.Mohamed, un chercheur et sociologue établi dans la région de Ghardaïa.

A travers les symboles et motifs fidèlement transmis avec raffinement et savoir-faire, un néophyte peut aisément déterminer avec exactitude l’origine du milieu de fabrication de chaque tapis "Zarbia".

A l’£uvre, on reconnaît l’artisan, dit l’adage. Il en est de même pour la création des tapis, a fait savoir ammi Ahmed, vendeur de tapis à Ghardaïa, poursuivant qu’à la forme, aux motifs floraux et géométriques aux couleurs des dessins, on peut facilement reconnaitre l’origine de chaque tapis.

Réservée à toutes les femmes du monde rurale, la transmission de ce savoir-faire s’effectue à domicile et au sein de la famille, a indiqué Hadja Fatma de Daya Ben Dahoua, précisant que les tisseuses sont de véritables artistes qui font preuve d’imagination d’une créativité et de doigté dans la conception de la Zarbia.

De tous temps le tapis a fait partie intégrante de la vie sociale de la femme, il fait partie du trousseau de la fille, à sa naissance on commence à penser à son trousseau et au tapis qu’elle apportera à son futur mari, a-t-elle souligné, précisant que toute la gent féminine de la famille est mobilisée.

Mères, tantes et grands-mères se mettent assidûment à la tâche, et ne perdent pas de temps pour assurer à la future mariée un trousseau et des tapis des plus dignes, dit-elle.

— -Chaque région possède ses propres dessins, symboles et décorations...

Chaque région possède son propre répertoire de dessins, de symboles et de décorations représentés par des motifs géométriques tels que les triangles et les losanges ainsi que des paillettes et franges typiques.

Parmi les régions du pays qui excellent dans la symbolique artistique, véritable ancrage culturel et identitaire, figurent la région de Kabylie, des Aurès, du M’zab, de Tlemcen, des Hauts plateaux et du Djebel Amour.

Du tapis d’Ath Hichem à celui de Béni-Isguen, en passant par ceux de Nememcha , Ksar-Chellala, Aflou et Laghouat, l’expression artistique et la symbolique propre à chaque région se manifeste à travers les dessins et motifs reproduits et exécutés magistralement par les tisserandes dotées d’une patience و’d’acier’’.

A titre d’illustration, les tapis des régions de Djebel Amour de Nador en allant vers Souguer, Aflou, El-Bayadh et Laghouat , se distinguent par des dessins exécutés avec le mariage des couleurs rouge, noire et blanche.

Celui de Ksar Chellala répond aux styles de tissage bien particulier et comporte une multitude de couleurs et motifs, et le tapis de Ghardaïa se caractérise par un motif central d’apparence végétale et un motif représenté par une ligne de palmier avec deux couleurs (le blanc et le noir) étroitement lié au milieu naturel.

---Le tapis de fabrication artisanale, aujourd’hui menacé...

Produit du génie des ateliers familiaux du monde rural, le tapis est aujourd’hui menacé par l’obsolescence des moyens techniques de base utilisés et par l’exacerbation de la concurrence de l’industrialisation du produit. Les signes révélateurs de cette menace résident, outre la prolifération du tapis industriel à bas prix qui inonde le marché, la rareté de la matière première et l’absence de touristes étrangers et des connaisseurs de l’art traditionnel.

La demande sur le tapis traditionnel est quasiment inexistante, a indiqué Moulay Hamid, vendeur de tapis à Ghardaïa, pour qui le marché de l’artisanat, notamment le tapis, est en récession et la clientèle se fait rare.

"Avant, des étrangers venaient nous passer des commandes", se rappelle un sexagénaire en Gandoura beige, le visage buriné, dans sa petite échoppe donnant sur la place du souk de Ghardaïa.

’Durant les années 80, des dizaines de groupes de touristes venaient quotidiennement visiter cette région réputée mondialement pour ses trésors en architecture, ses palmeraies, ses traditions et coutumes, se rappelle Hadj Bakri, ancien commerçant de tapis à Ghardaïa.

Dans la perspective de réhabiliter et revaloriser le tapis traditionnel, la capitale du M’zab (Ghardaïa) reconstitue, à l’occasion de la 50ème édition de la fête du tapis (17-22 mars), la diversité culturelle qui fait la fierté du pays et se penchera également sur une stratégie de promotion et de valorisation du tourisme et du produit artisanal.

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