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"BOUTBILA", UNE TRADITION RAMADHANESQUE BIEN ANCREE DANS LE PATRIMOINE POPULAIRE A MEGARINE

22/05 12h27

OUARGLA - "Boutbila" (l’homme au tambour), qui se charge de réveiller les gens pour le "Shour’’ ou "El-Sahur’’ (repas précédant la reprise du jeune) est l’une des plus anciennes traditions ramadhanesques, bien ancrée dans le patrimoine populaire de la commune de Mégarine (170 km au Nord d’Ouargla).

A chaque mois de Ramadhan, les habitants de Mégarine reprennent rendez-vous avec Boutbila, ce bénévole qui se charge de réveiller les jeûneurs et d’annoncer le moment de prendre le Shour avant le lever du jour et le début du jeûne.

Boutbila est pratiquée actuellement par Mohamed Mhali, appelé localement "Ammi Laâyech’’, et son compagnon Abderrezak Yagoub, deux personnes qui restent toujours fidèles, depuis des dizaines d’années, à une tradition, presque un métier, de leurs ancêtres.

Avec son instrument spécial, le tambour, Boutbila ou le maître du rythme des nuits du mois sacré jalonne, pendant tout le mois sacré, les ruelles et les différents quartiers de la ville de Mégarine, tels que Bab-Ali, Zebda, El-Guebla, Amiche et El-Kadima (la veille ville).

Presque deux heures avant l’heure de "l’imsâk’’ qui représente le moment limite pour manger et boire avant de jeûner, Boutbila entame son boulot, en tapant sur son tambour pour réveiller les habitants de cette oasis pour la prise de leur Shour, une tradition qui constitue une obtempération à la Sunna (conduite du prophète Mohammed QSSSL).

Boutbila est une "profession’’ saisonnière pratiquée généralement par les hommes aux revenus modestes et limités, moyennant une somme d’argent ou des denrées alimentaires offertes par les habitants au premier jour de la fête de l’Aïd El-Fitr, selon des sources locales.

Après la prière de l’Aïd El-Fitr, Boutbila, tambour à la main et avec son costume traditionnel, jalonne la ville pour la dernière fois, avant le Ramadhan de l’année suivante, afin de partager la joie de l’Aïd El-Fitr avec les habitants qui lui donnent de l’argent et des denrées alimentaires, précise-t-on.

Boutbila ou le Messaharati est une tradition qui remonte au Moyen Age, selon des études historiques.

Elle était, à cette époque, l’icône du Ramadhan dans différents pays arabes du Moyen-Orient et du Maghreb, notamment l’Egypte, la Syrie, l’Arabie-Saoudite, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, la Libye, la Tunisie et l’Algérie.

Aujourd’hui, cette profession, qui a quasiment disparu dans le monde arabe et musulman, résiste à la modernité dans cette région d’Oued-Righ, grâce au transfert du métier de père en fils et à la volonté de la population locale de préserver ce patrimoine populaire.

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